Lors de son voyage au Canada, en avril 2017, Olivia Grandville fait la connaissance de l’artiste québécoise Françoise Sullivan, peintre, sculptrice mais également danseuse et chorégraphe. Celle qui a intégré en 1948 le mouvement des « Automatistes » fut également signataire du manifeste du Refus global : texte fondateur du courant politique et artistique canadien. Françoise Sullivan est, dans le champ chorégraphique, surtout reconnue pour deux créations qui comptent parmi les premières pièces chorégraphiques filmées de l’histoire de la danse : Eté (1947), puis Danse dans la neige (1948). Deux pièces d’un projet inachevé qui devait couvrir les quatre saisons. Les films ont été perdus et il ne reste aujourd’hui que 17 photos noir et blanc de la Danse dans la neige. C’est à partir de ces 17 témoignages statiques et fragmentaires, et de la parole de Françoise Sullivan retranscrite par Olivia Grandville que s’élabore ce projet Argentique. Faire (re)naître le mouvement à la manière d’une révélation photographique. Créer une danse fantôme. Convoquer au présent la mémoire d’une danse et la réinventer.


Olivia Grandville

Formée à l’Opéra de Paris Olivia Grandville s’oriente très vite vers la danse contemporaine. Entre 1983 et 1988, elle a l’opportunité de traverser, outre le répertoire classique, des œuvres de Balanchine, Limon, Cunningham, de participer aux créations de Alvin Ailey, Karole Armitage, Maguy Marin, Dominique Bagouet, Bob Wilson... Elle quitte cette maison pour rejoindre la compagnie de Dominique Bagouet (1988). Difficile de résumer en quelques mots la direction de cette artiste guidée par diverses expérimentations, son esthétique a quelque chose d’insaisissable, d’inclassable. Elle ose mêler les disciplines ou encore s’attaquer à des sujets denses et complexes, parfois clivants, comme le lettrisme et Isidore Isou dans Le Cabaret Discrépant en 2011, l’écriture des Cinq Ryoanji de John Cage qu’elle met en danse en 2012 ou de l’hommage qu’elle rend à la culture amérindienne à travers l’écriture chorégraphique rigoureuse d’À l’Ouest en 2018. Plusieurs de ses spectacles ont une relation directe avec la littérature : L’Invité mystère (2014), mis en scène à partir d’un texte de Grégoire Bouillier, Toute ressemblance ou similitude (2015) basé sur un texte d’Aurore Jacob ou La guerre des pauvres (2021), adapté du roman d’Éric Vuillard. La parole fait aussi souvent irruption dans son travail, la preuve avec Klein (2018), basée sur la conférence Le dépassement de la problématique de l’art, d’Yves Klein ou Débandade (2021), qui livre les récits de sept jeunes hommes pour exprimer leur rapport à la masculinité. À partir de 2011, Olivia Grandville est installée à Nantes, elle devient artiste associée du lieu unique de 2017 à 2022. En 2022, elle prend la direction du CCN de La Rochelle et compte y insuffler son goût pour le polymorphisme de la danse, à l’image de son parcours.
www.milleplateauxlarochelle.com

Mardi 17 janvier
CCN Mille Plateaux - La Rochelle
20h30

Danse
35 minutes
La Rochelle
Création en 2017


Distribution

Conception et interprétation : Olivia Grandville
Textes et entretiens : Olivia Grandville, Françoise Sullivan, Gilles Amalvi
Collaboration à l’écriture : Lucie Collardeau
Musique live : Jonathan Kingsley Seilman

Production et soutiens

Production : Mille Plateaux, CCN La Rochelle
Avec le soutien de la Ville de Nantes et de l’Institut français, du TU-Nantes et du Lieu unique, Nantes


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